Philosophie

SUJET I – CONSCIENCE, COURS 3 : IDENTITÉ

Identité : caractère de ce qui est semblable et le demeure à travers le temps.

L’identité ne doit pas être confondue avec la ressemblance. 

Se posent deux questions :

  1. L’identité subjective : y’a-t-il une identité réelle du moi, qui demeure derrière les modifications, ou simple identité du pronom personnel je ?
  2. L’identité tautologique : l’identité des choses ne nous réduit-elle pas à ce qu’elles sont ? 

”Ce qui est refoulé est pour nous le prototype de l’inconscient (…) »

A – Les trois sens de l’identité selon deux paradoxes

—Être soi, c’est être une unité

Premier paradoxe : je suis objectivement un unité par mon corps. subjectivement, j’ai à devenir une unité

Second paradoxe : il me faut des images de l’extérieur pour être une unité extérieure.

—Être soi, c’est être une unicité

 Être différent des autres, c’est se comparer à eux, en affirmant ses différences et en cherchant dans autrui la reconnaissance de ces différences.

Premier paradoxe : nous sommes individu par la société

Second paradoxe : je dois ressembler à Y pour être différent de X.

—Être soi, c’est rester le même

Premier paradoxe : le spectateur change en même temps que l’acteur. Je change par volonté ou nécessité

Second paradoxe : je suis tenu par responsable de ces changements

B – Les fondements de l’identité

L’identité génétique 

Même si c’est un fait biologique incontestable, elle n’explique pas le sentiment d’intimité avec soi. Prenons l’exemple des jumeaux : ils partagent évidemment le même patrimoine génétique, mais pour quelle raison seraient-ils considérés comme les mêmes individus ?

La permanence d’une âme 

Ma naissance serait définie par une unité spirituelle. or, l’âme est une hypothèse métaphysique, car aucune expérience n’en prend compte.

L’unité de la pensée

Dans la pensée cartésienne, c’est le Cogito (je suis celui qui pense ce qu’il pense). Cette unité de pensée explique la synthèse de mes expériences.

C – Les facteurs empiriques

*Mon corps propre, celui que je perçois de l’intérieur, est une image de moi, illusoire ou déformé. Comme un anorexique, qui refuse son corps.

*Mon identité sociale (carte d’identité, numéro de sécurité sociale) m’assurent que je ne suis pas une autre personne.

*Mon caractère. Même s’il change, contrairement au tempérament.

*Ma mémoire. Je sais oublier ce que je veux, reconstruisant à chaque instant mon passé.

*Mes habitus sociaux. Les habitus sont les manières d’être d’un individu, notamment son maintien, ses gestuelles, ses mimiques, sa voix, son style vestimentaire… Bien que ces habitus nous façonnent, ils ne nous déterminent pas.

DOCUMENT : L’IDENTITÉ PERSONNELLE D’EDMOND MARC

  • Avant la naissance

Avant même sa naissance, l’enfant existe dans l’imaginaire et le discours de ses parents, qu’il soit désiré ou non. 

Après sa naissance, la famille attribue des traits de caractère, des interprétations face aux réactions de l’enfant, ainsi que des comportements.

Le tout oriente la formation de l’identité.

+ Le corps réel et représenté

Au fur et à mesure de son développement, le nourrisson apprend à localiser les sensations de son corps, et ses émotions.

L’image de soi tient une place très importante dans la constitution de l’identité. C’est par l’objectivation que l’enfant est capable de se saisir de l’extérieur comme un objet dans l’espace. En faisant coïncider cette apparence visuelle avec l’expérience interne de son corps, l’enfant apprend l’appropriation. 

finalement, c’est par l’identité sexuelle/corporelle que les enfants différencient les garçons des filles.

+ Le rapport à autrui

C’est à travers la relation physique (soins, nourriture, affection) que le nourrisson développe la perception de son corps, indépendant de sa maman comme autonome.

Le psychanalyste René Spitz a divisé en trois la fonction fondamentale des « organisateurs » :

-Le sourire, signe de réponse aux stimulations de l’entourage 

-L’angoisse face à une personne étrangère. À huit mois, le nourrisson est capable de différencier sa maman d’un inconnu

-Le mot « non » véritable affirmation de soi, qui arrivent lorsque l’enfant a deux ans.

+Les ruptures

À l’adolescence, le corps et l’apparence physique se modifient (règles, apparition des poils voix qui mue, acnée…) et l’adolescent toit acquérir cette nouvelle identité.

Les personnes âgées traversent souvent une crise « du troisième âge »; où se modifient leur apparence, leur capacités et leur statut social.  

Analyse de l’essai sur l’entendement humain de Locke 

-> la critique sur la notion d’ame 

Locke est empiriste : toute connaissance vient de l’expérience. Cette identité est fondamentale : c’est par cette dernière que je peux construire ma vie. Et que je fais de ma subjectivité une valeur originale.

-> être un individu pour être une personne

La substance matérielle : l’identité consiste à occuper un lieu dans l’espace et un moment dans le temps, tel un atome.

L’être vivant :  plus complexe lorsqu’il s’agit d’une plante, qui croît ou d’un animal, qui vieillit et meurt. Demeure ce qui fait d’un être humain un individu.

L’homme : il est individu tant qu’il est vivant. L’homme est un soi qui s’affirme

->Difficultés et paradoxes

Le moi ne peut plus être une réalité absolue. Nous pouvons alors concevoir :

-Le transfert de mémoire (plusieurs individus sous une seule personne)

-Les personnalités multiples (plusieurs personnes dans un même individu)

-La réincarnation (une âme pour plusieurs personnes)

Il est possible que ma mémoire fabrique des fictions, auxquelles je crois (« L’ai-je rêvé ou est-ce que ça s’est réellement passé ? »). La difficulté est d’ordre juridique : comme juger un homme qui n’est plus vraiment la même personne ?

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